Des moteurs de recherche alternatifs

15/03/2017

Aujourd'hui, la recherche sur internet occupe une grande partie de notre quotidien. Le moteur de recherche Google détient à lui seul 94 % du marché français. Lorsque l’on clique sur un des liens commerciaux qui figurent à côté des résultats de nos recherches, Google est payé par les annonceurs.

Cependant, il existe des moyens pour diriger une partie de cet argent vers des causes environnementales en utilisant des moteurs de recherche dits « écologiques ». L’action de ces moteurs de recherche se base uniquement sur la redirection d’une partie des gains. C’est-à-dire que l’argent qui est généré par les clics, au lieu d’enrichir un actionnaire, va servir à financer des projets qui relèvent du développement durable. Ces moteurs de recherche, appelés méta-moteurs, ne font pas eux-mêmes les recherches, ils utilisent le moteur Google (ou Bing, ou Yahoo) qui génère les résultats, les affiche sur le site du méta-moteur et verse ensuite quelques centimes aux méta-moteurs.

Éco-conseillères en formation, nous avons voulu comprendre le fonctionnement de quelques méta-moteurs « verts » ainsi que leur intérêt écologique.


Lilo : le moteur de recherche qui finance des projets sociaux

Lilo permet à chaque recherche internet de générer des points. Ces points, affichés sur la page Lilo de chaque utilisateur, sont présentés comme des gouttes d’eau en référence aux gouttes d’eau dans l’histoire de Pierre Rabhi sur le colibri.
En cliquant sur l’image de la goutte d’eau, l’utilisateur est amené sur une page présentant des projets et décide où et comment distribuer ses gouttes d’eau qui deviennent de l’argent pour des projets environnementaux et/ou sociaux. En cliquant sur chaque projet, on retrouve l’historique des dons versés par Lilo et des informations concernant les projets.

Lilo reverse 50% de son chiffre d'affaires à ces projets sociaux et environnementaux, 20% vont ensuite à la communication et les 30% restants servent à couvrir les frais de fonctionnement.

Lilo ne fait pas de rachat carbone spécifique pour les recherches, mais des projets qui conduisent à une compensation carbone figurent parmi ceux qui sont proposés.

Pour en savoir plus : vidéo de présentation de Lilo

Ecosia : le moteur de recherche qui plante des arbres

Ecosia est une start-up berlinoise ayant l’aspiration de faire planter un milliard d’arbres avant 2020. Comme Lilo, Ecosia affiche un compteur pour suivre les contributions générées par les recherches, mais c’est Ecosia, et non pas l’utilisateur, qui choisit le destinataire des fonds. Selon leur dernier rapport d’activité, ils ont versé 43% de leur CA aux associations qui plantent des arbres au Pérou, à Madagascar et au Burkina Faso. Le reste du CA couvre les charges d’exploitation, la communication, et une partie est investie chez GLS, une banque allemande qui finance des projets d'énergie durable.

Ecosia se distingue par sa transparence financière : il publie et met à disposition tous ses rapports d'activités et les reçus pour les dons aux associations. Puisque les projets financés plantent des arbres, le méta-moteur représente une compensation carbone, même si c’est n’est pas spécifiquement calibré pour compenser l'émission carbone liée à une recherche internet.

Pour en savoir plus :

- vidéo Ecosia : Le moteur de recherche qui plante des arbres 
- vidéo Ecosia : La recherche verte 

Ecogine : le moteur de recherche écologique associatif

Ecogine  a été fondé en 2008 par 3 étudiants de Polytech' Nantes. En plus de son activité de collecte de fonds pour des causes environnementales, ce moteur de recherche se distingue par ses fonds d'écran, haute héfinition, avec des photos représentant uniquement des paysages ou des éléments naturels sans activité humaine visible.

Contrairement à Lilo et Ecosia, Ecogine est une petite association à but non lucratif, et cette différence se ressent : l’interface est très basique et moins portée sur l'esthétique. Si l’esthétique est un petit peu en décalage avec les autres méta-moteurs, le fonctionnement budgétaire l’est aussi. En effet, Ecogine fonctionne avec des marges plutôt réduites : l’absence d’un budget communication lui permet de consacrer 70% de ses gains aux causes soutenues par le site. 25% de ses gains couvrent le fonctionnement du site dont 20% versés à une autre association environnementale pour la gestion de site. Enfin les 5% restants sont consacrés aux rachats d’émissions carbones liées aux recherches réalisées par le biais du site. Ecogine est le seul des trois méta-moteurs à faire des rachats directs de compensation d’émissions carbone liées aux recherches.

Ecogine n’affiche pas de compteur pour visualiser le nombre de recherches réalisées ni l’argent récolté, mais les internautes peuvent, une ou deux fois par an, voter pour choisir les associations qui recevront les dons. Il est également possible de visualiser l’historique et les reçus des dons.

Ces moteurs de recherche sont-ils réellement écologiques ?

En plus des coûts énergétiques que génère l’utilisation d’un ordinateur, une recherche internet nécessite, à chaque étape de la requête, des équipements qui consomment de l’énergie tant pour leur fabrication que pour leur fonctionnement.

L’ADEME a publié les résultats d’une étude liée à l’utilisation des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication). Selon elle, un français effectue en moyenne 949 recherches internet par an et les émissions de gaz à effet de serre (GES) induites représentent 287 600 tonnes d’équivalent CO2 soit plus de 1,5 millions de km parcourus en voiture !

Il est important de garder à l’esprit que les méta-moteurs « écologiques » ne diminuent pas l’impact environnemental lié aux recherches que nous effectuons sur internet. Cependant, l’usage d’un méta-moteur permet aux utilisateurs de générer de l’argent pour de bonnes causes tout en continuant à mener leurs recherches habituelles. Grâce à leurs investissements dans la plantation d’arbres ou dans des projets qui pour certains conduisent à une compensation carbone, ces méta-moteurs compensent en partie les émissions GES produites lors d’une recherche internet. Cette compensation est même directement financée dans le cas d’Ecogine.

Il convient cependant de tenir compte du fait que, comme le dit William Vidal, PDG d'Ecocert, « La compensation carbone est un levier important, mais face à l'urgence climatique, il est essentiel de mener des actions en amont pour réduire notre impact sur l'environnement, préserver les ressources et adopter des activités économiques compatibles avec les capacités de régénération de l'écosystème ».

Pour minimiser son usage énergétique lors d’une recherche internet, l’idéal reste de garder les pages le plus consultées en raccourci, pour y accéder directement sans consommer l’énergie d’une recherche.

Le cas de Blackle et des sites « noirs »

Pour réduire notre consommation énergétique « à la source », nous nous sommes intéressées à Blackle, un méta-moteur de Google qui affiche un écran noir pour diminuer le coût énergétique d’affichage d’écran. Ce site, créé par Heap Media, date de l’époque des écrans a tubes cathodiques, qui consommaient environ 24% d’énergie en plus pour afficher un écran blanc plutôt qu’un écran noir. Aujourd’hui, la différence de consommation d’énergie entre les deux couleurs d’écran est moins importante : environ 3,8 Wh soit une économie d’énergie d’environ 10% avec un écran noir selon un test réalisé par PCSTATS.

Blackle affiche un compteur pour informer le nombre de Wh qui ont été économisés par les utilisateurs du site. Contrairement aux autres sites que nous avons examinés, il ne reverse pas ses gains à des causes caritatives. Pour ceux qui souhaitent combiner l’économie d’énergie de Blackle avec les micro-contributions aux projets environnementaux, nous avons découvert une option « noire » pour le méta-moteur Ecogine.

Notre avis en tant qu'utilisatrices

Nous avons pu tester chacun de ces moteurs de recherche écologiques. L’installation des plugins se fait rapidement et rend automatique l’usage du méta-moteur à la place de Google.

Même si les contributions financières restent relativement modestes au niveau individuel, les petits gestes peuvent faire une différence. Par ailleurs, l’utilisation de ces moteurs de recherche nous conduit à garder les idées environnementales à l’esprit lors de nos recherches internet. De plus, le fait de choisir les associations à soutenir aide à prendre conscience des démarches sociales et environnementales qui existent.

Des inconvénients existent cependant : nos essais de recherches comparatives ont montré qu’une recherche Google donne plus de résultats que les recherches sur Ecosia ou Ecogine. Blackle et Lilo ne donnent pas de chiffres pour indiquer le nombre de sites générés par la recherche, donc il est difficile de savoir comment ils comparent. Cependant, ces différences de résultats ne sont selon nous pas assez significatives pour nous faire retourner chez Google : les meta-moteurs verts, nous les adoptons !

 

Lauren CIANCIO & Marianne SAVORET

 


 

 

 

En savoir plus 

 

 


 

LILO, le moteur de recherche qui finance des projets sociaux

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qui finance des projets sociaux

Ecosia,  le moteur de recherche  qui plante des arbres

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Ecogine : le moteur de recherche écologique associatif

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le moteur de recherche
écologique associatif

Blackle, le moteur de google à l'écran noir

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le moteur de google
à l'écran noir

 

 

 

 

 




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