Connaissez-vous Fairphone, le 1er smartphone modulaire, durable et équitable ?

17/01/2017

Imaginé et conçu par Bas van Abel, un ingénieur et designer hollandais, le Fairphone est d’abord pensé comme un outil de sensibilisation aux impacts sociaux et environnementaux désastreux de l’industrie électronique dans les pays d’Asie et d’Afrique. Une start-up éponyme naît à Amsterdam en 2013 d’une conviction que « pour influencer l’industrie et montrer que l’on peut faire autrement, il faut en faire partie ». Son ambition ? Réinventer les règles du jeu et placer le respect de l’humain et de l’environnement au cœur du projet de l’entreprise. Un mouvement pour des produits électroniques plus éthiques et durables est d’ores et déjà lancé.


Comment tout a commencé

L’aventure Fairphone a commencé avec une campagne de financement participatif en 2013 (faisant partie des 10 campagnes de l’année les plus réussies au monde) qui a permis de récolter des fonds pour lancer la fabrication du premier lot de 25000 unités.
Pour ce premier modèle, l’innovation sur le plan social consistait à utiliser de l’étain et du tantale issus des mines garanties «sans-conflits». En effet, ces métaux font partie des «problématiques», car issus le plus souvent des mines contrôlées par des milices armées dans des zones de conflits en Afrique, notamment au Congo (sans parler des conditions déplorables de travail et du travail des enfants). Le programme Solutions for Hope (SFH) garantissait désormais la traçabilité du tantale, tandis que le programme Conflict-Free Tin Initiative (CFTI) celle de l’étain. En outre, Fairphone a mis en place Workers Welfare Fund, un outil financier permettant d’assurer de meilleures conditions de travail pour les ouvriers chinois ayant assemblé ces premiers lots.
Il convient également de noter l’emploi des plastiques recyclés et du verre permettant d’alléger l’empreinte environnementale du produit. 

De Fairphone vers Fairphone 2

Si le premier modèle de Fairphone n’offrait qu’une performance environnementale très limitée, Fairphone 2 (lancé fin 2015) s’affichait clairement comme un appareil éco-conçu et durable. En effet, son architecture modulaire, simple, robuste et efficace, en faisait le premier smartphone que l’on pouvait réparer soi-même, sans pour autant être sur-outillé : deux formats de tournevis suffisent pour démonter l’appareil et remplacer un module défaillant par une pièce détachée nouvelle. Il serait également envisageable de mettre à jour un module devenu « obsolète », par exemple une caméra offrant des performances techniques plus élevées plutôt que de remplacer un téléphone tout entier.

Comment réduire l’empreinte environnementale d’un smartphone ?

L’équipe de la start-up néerlandaise avait fait le constat que la durée de vie moyenne d’un smartphone était de 2-3 ans maximum et que les usagers cherchaient systématiquement des performances techniques plus élevées, sans forcément savoir pourquoi, ni comment en tirer profit. Ce rythme de renouvellement ne pouvait s’expliquer que par l’intention des fabricants de maîtriser les cycles de vie de leurs appareils sur le plan commercial, notamment en termes de retours sur l’investissement. Ainsi, la durée de vie commerciale d’un Iphone ne serait que d’un an1 et demi. Une stratégie identique est pratiquée pour la commercialisation des Samsung Galaxy. Quand on sait que la taille du marché mondial est estimée à environ 1482 Millions d’appareils et qu’il croit de 3% environ par an , il n’est pas surprenant d’apprendre que les déchets d’équipements électriques et électronique (DEEE) est la seule catégorie des déchets dont le volume continue d’augmenter de 3 à 5% en Europe2. L’autre constat fait par Fairphone sur la base de l’analyse du cycle de vie (ACV) est que l’impact environnemental du produit est le plus conséquent à l’étape de fabrication : jusqu’à 82% des émissions de GES sur l’ensemble de cycle de vie, ce qui est dû, notamment, aux procédés technologiques énergivores (circuits intégrés et circuits imprimés) et le prélèvement sur les ressources non-renouvelables. (Voir le rapport sur l’empreinte environnementale du Fairphone 2). 

Pour réduire l’empreinte environnementale d’un smartphone, il convient donc de l’utiliser le plus longtemps possible, le réparer si possible et éviter de le mettre à jour trop souvent. La modularité du Fairphone 2 permet ainsi de réduire la quantité de déchets, mais aussi les émissions de GES tout au long du cycle de vie de l’appareil.

L’entreprise a été récompensée pour ces efforts en matière d’éco-conception et de meilleure prise en charge des DEEE à travers de nombreux prix et distinctions, notamment « Momentum for Change » à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, à Paris (COP21) et plus récemment, le label environnemental allemand the Blue Angel.

Fairphone : un nouveau projet d’entreprise

Mais les mérites de Fairphone ne s’arrêtent pas là. L’entreprise pratique une transparence remarquable vis-à-vis de ses clients et de ses fournisseurs : ainsi, le prix de vente est décomposé en détail sur le site web de l’entreprise où la liste exhaustive des sous-traitants peut également être consultée.

Certes, avec à peine plus de 110 000 unités de téléphones vendus à ce jour, la part de Fairphone ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan. Mais l’ambition essentielle de l’entreprise n’est pas dans la conquête du marché, la mission qu’elle s’est donnée est d’initier des changements profonds dans les façons de produire et de consommer les produits électroniques. En s’appuyant sur une communauté des usagers qui partagent les mêmes valeurs avec elle, la start-up néerlandaise incarne un nouveau projet d’entreprise, celui de l’entreprise socialement responsable.

 
Dinara BOURGEOIS

 

1 : Selon IDC's Worldwide Quarterly Mobile Phone Tracker®
2 : La Revue Durable N° 49, page 17

 


 

 

En savoir plus

 


 

L’aventure FAIRPHONE - Conférence d'Olivier HEBERT

L’aventure FAIRPHONE
Conférence d'Olivier HEBERT

Fairphone - Prix « Momentum for Change »  de l’ONU

Prix « Momentum for Change »
de l’ONU discerné à Fairphone

 

Reportage de Futurmag (Arte) consacré à Fairphone

Reportage de Futurmag (Arte)
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L’article de Amnesty International sur la RSE et notamment les « minerais de sang »

Article d'Amnesty International
sur les « minerais de sang »

 

Wake up call, animation de la Fondation Gaia

Et pour finir...
Wake up call,
animation de la Fondation Gaïa

 

 




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