La production, de plus en plus croissante, de biens de consommation contribue à l’épuisement de ressources finies que ce soit en termes de matières ou d’énergies. Ces produits une fois utilisés, sont généralement destinés à finir leurs vies en décharge.

A la différence de cette logique de l’économie actuelle dite linéaire, l’économie circulaire s’efforce de ne pas épuiser les ressources et permet de contrôler les rejets et les déchets.
A la fin des années 70, Walter Stahel a été l’un des fondateurs du concept « cradle to cradle » (du berceau au berceau). Ce modèle circulaire repose sur une approche biomimétique (ou copie du vivant).

Cette école de pensée prend la nature pour exemple et considére que nos systèmes devraient fonctionner comme des organismes vivants qui synthétisent des nutriments qui à leur tour nourrissent le cycle.

William McDonough et le chimiste allemand Michael Braungart ont fait évoluer le concept en considérant que toutes les matières premières entrant dans un processus de fabrication industriel peuvent être vues comme des « nutriments » qui se divisent en deux grandes catégories. Les « nutriments techniques » comprennent les matières premières non organiques et non nuisibles à l’environnement (les matières synthétiques mais non toxiques sont de celles-là), tandis que les «nutriments biologiques», d’origine organique, peuvent être compostés sans traitement spécifique et reviennent nourrir les sols.

L’économie circulaire vise donc à optimiser les flux d’énergie et de matière à l’échelle d’un système : site de production, zone d’activités ou bassin d’emploi.
La prévention des consommations et des rejets y est combinée à l’idée d’un fonctionnement quasi cyclique, similaire à celui des écosystèmes.
Souvent, seule une fraction de matière première ou d’énergie est utilisée directement dans le produit fini. Le reste est soit perdu (par exemple l’énergie sous forme de chaleur dissipée), soit transformé en sous-produit à faible valeur ajoutée voire en déchet. Or, ce déchet ou ce sous-produit peut constituer une ressource indispensable ou à forte valeur ajoutée pour une autre industrie située à proximité.
Dans la transition d’une économie linéaire à une économie circulaire, les deux cycles précédents («biologique» et «technique») ne sont pas totalement fermés :
L’évolution vers une économie circulaire mature va donc se traduire de trois manières :
D’un point de vue purement économique, certains points peuvent sembler contraires aux intérêts de l’entreprise :
De plus, la mise en œuvre de collaborations inter-entreprises entre producteurs de sous-produits et utilisateurs ou entre producteur et recycleur présente néanmoins quelques freins sur différents plans :
A cela, il faut ajouter une nécessité d’un engagement sur le long terme entre les partenaires et une interdépendance entre eux.
Afin de rendre compatible les intérêts environnementaux évidents que permet l’économie circulaire avec les intérêts économiques et les risques liés aux paramètres concurrentiel dont dépendent les industries et autres entreprises, deux facteurs peuvent être utilisés : la règlementation qui impose ces contraintes mais limite l’impact concurrentiel compte tenu de son application à tous et les changements organisationnels permettant une adaptation rentable voire financièrement valorisable des entreprises.
Ces changements organisationnels peuvent être envisagés principalement sous trois formes :
Le principe économique de croissance continue a oublié le caractère limité des ressources à notre disposition en mettant en place une économie principalement linéaire puisant sans limite dans les ressources naturelles et produisant en excès des déchets que la planète ne peut digérer. Aujourd’hui, ces limites se rappellent à nous et des changements sont nécessaires. Il ne faut pas croire pour autant que ce changement induit forcément un retour au confort précaire de l’âge de pierre : le simple bon sens et la recherche de solutions globales peut permettre une transition vers un système simplement raisonnable.
L’économie circulaire est une de ces solutions de bon sens et elle a d’ores et déjà fait preuve de sa viabilité de son fort intérêt environnemental et même de son intérêt économique. Ce principe simple global d’économie circulaire doit aujourd’hui être traduit par des solutions spécifiques locales, propres aux conditions et problématiques de chaque unité fonctionnelle d’application (entreprise dans le cas de l’économie de fonctionnalité ou de l’éco-conception, zone industrielle dans le cas d’écologie industrielle, territoire plus étendu dans le cas de la satisfaction de l’ensemble des besoins d’une population).
Il ne faut toutefois pas oublier que, si cette économie circulaire propose une amélioration forte au regard de l’irréaliste durabilité de l’économie linéaire encore majoritaire actuellement, elle n’en est pas parfaite pour autant. La population humaine croissante confrontée à des ressources limitées ne permet pas d’envisager une croissance de consommation illimitée pour tous quelle que soit l’étendue de recyclabilité des éléments consommés.
Eco-conception
L'éco-conception consiste à prendre
en compte la protection de l’environnement
dans la conception des produits et services.
Un éco-produit est donc conçu de façon
à limiter ses consommations de ressources
naturelles, optimiser ses impacts
sur l’environnement et sur la santé humaine
tout au long du cycle de vie
Economie de fonctionnalité
Substitution de la vente de l’usage
d’un bien à la vente du bien lui-même
Ecologie industrielle
Ensemble d’opérations de rationalisation
de la production par une collaboration inter-
entreprises (optimisation des consommations
énergétiques et matérielles, minimisation
des déchets à la source, réutilisation
des rejets pour servir de matières premières
à d’autres processus de production)