La conférence sur le Climat de l’ONU s’est tenue à Cancun du 29 novembre au 10 décembre 2010. Suite à l’échec du sommet de Copenhague en 2009, les nations signataires des négociations se réunissaient de nouveau cette année, dans la station balnéaire mexicaine.
On parle de COP 16, car c’est la 16ème Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique. L’objectif de cette rencontre était de remplacer le protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2013, par un accord international visant à limiter l’augmentation de la température de la Terre à 2°C maximum.
C’est donc samedi 10 décembre 2010 que les 200 pays réunis sont tombés d’accord sur une série de mesures pour lutter contre le réchauffement climatique :
Malgré ces avancées, dont le financement n’est que très partiellement entériné, des problèmes géopolitiques majeurs demeurent. Refusant de prolonger le Protocole de Kyoto, le Japon, la Russie et le Canada ont, par exemple, réclamé un nouveau traité auquel les gros pollueurs que sont les Etats-Unis, la Chine et l’Inde seraient cette fois associés.
Pour leur part, les États Unis ont refusé de ratifier l’accord au motif qu’il n’imposait pas aux économies émergentes comme la Chine et l’Inde de limiter leurs émissions.
Enfin, et non sans raison, les pays émergents ont fait entendre que les Etats industrialisés, historiquement responsables de l’accumulation de gaz à effet de serre, devaient faire l’effort avant qu’eux-mêmes ne s’engagent à réduire leurs émissions au péril de leur croissance économique…
De surcroît, l’objectif de limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 2°C, bien que louable, n’est pas une nouveauté quant à la réduction des émissions de CO². Les objectifs actuels, quand bien même seraient-ils réalisés, nous conduiraient à un réchauffement de 3 à 4 °C.
Les divergences restant entières, il faudra donc attendre le sommet de Durban (Afrique du Sud) qui accueillera la 17ème Conférence des Nations-Unies sur le réchauffement climatique en 2011. Ce prochain sommet aura pour objectif d’aboutir à un résultat juridiquement contraignant.
Avant cette échéance, une réunion intermédiaire est prévue en juin à Bonn, afin de juger la volonté politique de chacun. Le sommet de Cancun a seulement permis de relancer les négociations internationales pour le climat.
Cependant, malgré l’adoption de ces mesures, le sommet de Cancun n’est pas parvenu à fixer des objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre (aucun quota, aucun objectif chiffré, pas de sanctions, pas de moyens pour y parvenir).
Ainsi, l’après-Kyoto affiche quelques espoirs, mais ne répond totalement pas aux objectifs de limitation de la température à 2°C pour 2050. Seuls les 194 pays signataires du protocole de Kyoto sont concernés par les accords de Cancun, les Etats-Unis ne sont ainsi pas concernés. Cancun se veut être une continuité du protocole de Kyoto, avec quelques éléments-clés précisés, sans avoir répondu à la totalité de l’objectif initial.
