Indispensable à la vie, l’eau existe en abondance sur notre planète. Mais l’eau douce est plus rare et l’eau potable encore plus, notamment du fait des pollutions. L’eau a d’ailleurs souvent été ces dernières années à l’origine de guerre, de conflits ou de tensions.
Alors comment pouvons-nous la protéger, l’économiser et surtout la partager ?
Nous avons souhaité vous présenter un événement mondial qui se tiendra à Marseille en mars prochain et pendant lequel l’ensemble des mouvements de la société civile de la planète recherchera des solutions durables pour une gestion citoyenne de l’eau.
Nous avons ensuite voulu mieux comprendre le prix du service de l’eau en France. Enfin nous vous présentons nos réflexions pour gérer l’eau autrement en France.
Le Forum Alternatif Mondial de l’Eau (FAME) se tiendra à Marseille du 14 au 17 mars 2012.
L’objet du FAME est de construire une alternative concrète au VIème Forum Mondial de l’Eau (FME) organisé en mars 2012 à Marseille par le Conseil Mondial de l’Eau, composé essentiellement des grandes multinationales de l’eau et de la Banque Mondiale.
Depuis des années, des mouvements de la société civile militent pour la préservation des ressources en eau et leur gestion citoyenne. Ils ont élaboré des plateformes, des propositions et des actions, soit au cours de rencontres spécifiques soit à l’intérieur des Forums Sociaux Mondiaux, qui ont servi de base pour l’émergence d’un mouvement pour la réappropriation de l’eau, bien commun de l’humanité.
Ce mouvement mondial a permis la naissance de réseaux, comme en Italie ou en Afrique. Il est aussi l’origine du recul de la privatisation de l’eau en Amérique Latine, en Afrique, en Europe et tout particulièrement en France, berceau des principales multinationales du secteur, notamment avec le retour de Paris en gestion publique.
Ce mouvement a favorisé la reconnaissance de « l’accès à une eau potable, salubre et propre comme un droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme » par l’Assemblée Générale de l’ONU le 29 juillet 2010.
Le FAME entend poursuivre et amplifier ce mouvement par :
Les alternatives proposées par le FAME visent à obtenir :

Beaucoup de nos concitoyens se demandent, à juste titre, pourquoi ils doivent payer l’eau, alors qu’elle est disponible gratuitement dans la nature, et qu’on paie déjà le fonctionnement des services municipaux dans la taxe d’habitation. C’est qu’on parle de « prix de l’eau », alors qu’il vaudrait mieux évoquer un « prix du service de l’eau et de l’assainissement »
Car ce qui est facturé, ce n’est pas l’eau en elle-même, mais l’ensemble des coûts de la gestion de l’eau et de l’assainissement.
Il existe différents modes de gestion de l’eau
Même si la maitrise du service est publique, et que sa gestion est exemplaire, des paramètres locaux font varier les coûts d’une collectivité à l’autre.
Sur la « facture » que nous recevons, cela se décompose en deux parties :
- les lignes dont les tarifs sont fixés par le Conseil Municipal (ou par le Conseil de l’instance à qui elle a transféré la compétence)
- les « redevances », par m3, reversées par la collectivité aux agences de l’eau qui en fixent les taux :
La redevance pour prélèvement sur la ressource en eau potable est payée directement par la collectivité sur le budget dépense du service de l’eau, et donc financée également par les recettes du service. Toutes les sommes collectées par les Agences de l’Eau sont reversées aux collectivités sous forme d’aides à l’amélioration et à la préservation de la qualité de l’eau.
Les contraintes législatives sont nombreuses : la LEMA (loi sur l’eau et les milieux aquatiques), le fonds de solidarité logement pour réduire la précarité, les dispositifs Grenelle pour la protection des captages… Au delà, les communes ou les intercommunalités, détentrices de la compétence « eau et assainissement » ont un grand pouvoir d’action.


Pour protéger durablement la ressource, la commune peut, par exemple, instaurer des périmètres de protection du bassin d’alimentation de captage. Par le biais d’une déclaration d’utilité publique (DUP) elle imposera dans ces périmètres des mesures de limitation des activités humaines dans un périmètre donné dans un but de maîtrise du risque ou d’amélioration de la qualité de la ressource.
Elle peut aussi, par des préconisations opposables sur les plans locaux (PLU, SCoT), contrôler le développement de l’urbanisme et ainsi en limiter les impacts financiers et environnementaux sur la gestion de l’eau.
Ces deux exemples montrent que la commune peut agir efficacement et durablement par des mesures de prévention, beaucoup moins onéreuses que la réparation de dommages sur la ressource.
La législation prévoit la formalisation de l’information des élus et des usagers par la publication d’un « rapport annuel sur le prix et la qualité service public de l’eau potable et de l’assainissement ». La forme et le contenu de ce rapport ne sont cependant pas imposés.
La première des démarches démocratiques est donc de produire un texte donnant une vision claire, transparente, complète et accessible au citoyen non-technicien. Et bien évidemment de donner envie à chacun de le lire : annonce dans le journal municipal, réunions publiques d’information et d’échange, mise en ligne et fourniture gratuite en version papier…
Efficaces et pédagogiques, des ateliers citoyens participatifs, des animations pour les scolaires et les adultes favorisent la sensibilisation et la prise de conscience du public : expositions, journées portes ouvertes, projections débats, réunions de quartier.
La politique la plus vertueuse consiste à associer les citoyens à la gestion politique du service. Dans la pratique, cela n’a de sens que dans le cadre de services en régie publique, où les orientations ne sont pas muselées par un contrat de délégation figé à long terme. C’est le choix fait par exemple par le syndicat de l’eau des lacs de l'Essonne en région parisienne.
La société civile est associée au processus de décisions par le biais de commissions extra-municipales réunissant des représentants des parties prenantes pour un dialogue certes consultatif mais bien réel. Ailleurs, partout dans le monde, ce sont des forums de l’eau, ou carrément une participation aux conseils d’administration, qui donnent voix au chapitre aux usagers du service. Cordoue, en Espagne, a développé une pratique innovante et exemplaire.
Les exemples d’initiatives incitatives sont nombreux et très variés. Ils visent tous à encourager les pratiques vertueuses, pour réduire la pression sur la ressource sans pénaliser à long terme les usagers.
Nous en avons sélectionné deux très différentes :
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"L'eau un trésor fragile !"