Parole P26 - Le braconnage des éléphants d’Afrique sévit toujours …

12/02/2014

Le déclin des populations d’éléphants d’Afrique est très important depuis les années 1950.
Malgré l’interdiction du commerce international de l’ivoire mis en place en 1989, on constate une recrudescence du trafic d’ivoire depuis la fin des années 1990. Un niveau de braconnage record a été atteint en 2011 avec 25000 animaux abattus.


une menace à plusieurs niveaux

Cet abattage constitue une menace à plusieurs niveaux :

  • Pour la biodiversité, avec un risque d’extinction de l’espèce à moyen termes, si le taux d’abattage continue à dépasser le taux de natalité. D’environ 2 500 000 individus estimés avant les années 1950, la population est passée aujourd’hui à 500 000.
  • Pour la stabilité des états africains touchés par ce trafic (corruption) : Kenya, Tanzanie, Congo, Cameroun, Gabon, Somalie …
  • Pour la sécurité publique et la vie des communautés locales (violence, blanchiment d’argent, corruption…). Ce trafic suscite en effet l’intérêt d’organisations criminelles.

 

Les raisons de ce braconnage 

le massacre des éléphants a des causes multiples.

La demande d’ivoire est croissante en Asie, avec en tête des pays de destination la Chine et la Thaïlande. Par ailleurs, un marché en ligne de l’ivoire se développe.

Dans les pays les plus touchés par le braconnage des éléphants, la gestion de la nature est souvent moindre, car elle ne constitue pas une priorité et peu de moyens lui sont affectés. En effet, la pauvreté, la corruption et le manque de gouvernance de ces Etats ne permet pas la mise en place de lois adaptées, de mesures répressives et de contrôles efficaces.

Le trafic d’ivoire est aujourd’hui une activité criminelle transnationale, organisée et bien installée. Les risques sont relativement limités et les bénéfices réalisés au marché noir sont importants. En effet, en 10 ans le prix de l’ivoire a été multiplié par 10, il atteint aujourd’hui 2000 $ le kilo. D’autre part, les trafiquants disposent de moyens importants : armes de guerre, hélicoptères …

Parallèlement à ces trafics, l’organisation de « chasses aux trophées » persiste, afin de satisfaire quelques milliardaires en recherche d’adrénaline.

Comment lutter contre ce fléau ?

La création de la CITES (convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) a donné lieu à l’interdiction du commerce international d’ivoire en 1989, puis a permis d’affecter des fonds dédiés à la protection des éléphants d’Afrique depuis 2011.

Une action coordonnée des pays d’origine, de transit et de destination de l’ivoire a été initiée par l’accord du 03/12/2013 lors d’un sommet au Botswana co-organisé par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Il réunissait 30 pays, dont le « gang des 8 », accusés de passivité et de complicité face au trafic (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Malaisie, Philippines, Vietnam, Chine et Thaïlande). Ces Etats ont convenu d’un plan d’urgence à échéance fin 2014, dont les mesures portent entre autres sur : la tolérance 0, une assistance juridique mutuelle, la mise en place d’une coopération internationale contre le trafic, la saisie et confiscation des défenses, l’extradition des trafiquants, …

Le trafic d’espèces sauvages sera de plus considéré par les organisations internationales comme un crime grave, avec renforcement des sanctions financières envers les trafiquants, pouvant aller jusqu’à 750 000 euros.

La France, quant à elle, s’est engagée, lors d’une réunion tenue le 5 décembre 2013 à Paris sur la « lutte contre le braconnage et le trafic des espèces menacées », à détruire son premier stock d’ivoire de 3 tonnes. Chose qu’elle a effectivement fait ce 6 février sur les Champs Elysées à Paris, en présence du ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, et de Nicolas Hulot. La France est ainsi devenue le premier pays d’Europe à passer à l’action.

D’autres pays avaient déjà franchi le cap il y a quelques mois, comme les Etats-Unis, les Philippines, le Kenya, le Gabon, ainsi que… la Chine !

Bien que ces actions soient des exemples et des messages forts contre le trafic d’ivoire, il faut cependant noter que les stocks détruits ne représentent qu’une très faible partie des défenses saisies, il faut également ajouter à cela tout l’ivoire qui échappe aux contrôles de douanes et alimente le marché noir.

Les efforts financiers accordés de la part de l’aide internationale à certains Etats touchés par la « guerre de l’ivoire » doivent continuer pour mettre en place des moyens de lutte appropriés à la dimension du trafic.

La sensibilisation auprès des populations est aussi une action à développer pour mettre fin au massacre, que ce soit du côté des pays consommateurs ou de ceux touchés par le braconnage. En effet, cela permettra d’éveiller les consciences et de changer progressivement les comportements.

Le 12 février s’est part ailleurs ouvert à Londres le sommet sur la criminalité contre les espèces sauvages.

Le combat continue !

 

Carine FELIX & Gabrielle GRIES

 

 


 

 En savoir plus

 

Quelques liens fournissant
des données sur
les éléphants d’Afrique,
leur mode de vie, les menaces
qui pèsent sur eux…

 

 


 




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