Parole P26 - Les ceintures maraîchères autour des villes : le retour ??

14/11/2014

Au XIXème siècle, l’approvisionnement des cités en denrées alimentaires était assuré par des ceintures maraîchères, agriculture de proximité faite de maraîchers, de vergers, d’éleveurs et de/ producteurs de lait …

Autres temps, autres mœurs…De nos jours cette image que le citadin « moderne » croirait venu du moyen-âge a bien disparu sous les coulées de béton et de goudron, quadrillage implacable sillonné de camions, de gares en autoroutes, d’aéroports en grandes surfaces, véhiculant des produits sans goût qui ne voient la lumière du jour que le temps d’un transbordement de palette en chambre froide.

La notion de ceinture maraîchère, qui réapparait dans les politiques locales, représente un concentré des idées propres au développement durable : une production de proximité et d'autosuffisance, par des agriculteurs dont les méthodes sont radicalement différentes de celles de l'agro-industrie...

Les zones de production agricoles sont désormais tellement éloignées des centres urbains, que la moindre évolution du prix de l’énergie met en difficulté producteurs et consommateurs, et pose également la question de la dépendance aux sources d’approvisionnement. En effet en cas de pénurie de pétrole Paris ne disposerait que de quelques jours d’autonomie alimentaire (seuls 20% de l’approvisionnement de l’Ile-de-France provient de la région parisienne). A Toronto (Canada), la situation est bien pire, puisque la ville ne dispose que d’une autonomie de 3 jours !

Les ceintures maraîchères s’inscrivent pleinement dans une une approche développement durable : il s’agit d’une agriculture de proximité, employant des méthodes de production très différentes des agro-industries et permettant d’accroître l’autosuffisance/l’indépendance alimentaire du territoire ; une agriculture créant du lien entre les citadins et ceux qui les nourrissent, entre consommateurs et producteurs, entre la ville et la campagne ; une agriculture de circuits courts et donc à l’empreinte écologique réduite, qui dynamise l’économie locale et préserve, voire même développe les emplois locaux...

Voici quelques pistes pour renforcer/soutenir l’agriculture aux alentours des villes et en particulier le maraîchage.


Comment soutenir le déploiement d’une ceinture maraîchère ?

Pour aider le développement d’une agriculture maraîchère autours des villes, plusieurs actions sont nécessaires dont :

  • travailler en amont avec tous les différents acteurs concernés tels que les services de la Ville, les agriculteurs, les associations de consommateurs, les établissements publics ;
  • prendre contact avec les producteurs locaux et les accompagner ;
  • réfléchir avec les producteurs aux circuits et la logistique...
  • faire connaître l'offre en veillant à la qualité des produits et la notion de primauté à la production locale.
  • identifier la demande par le biais d’une étude de marché – clients d'AMAP, de ruches...- ou la créer, en proposant des offres de lancement
  • ...

Il existe différentes acteurs dans ce domaine qui renseignent, incitent, aident, structurent... et peuvent être des ressources ou des partenaires utiles ou intéressants à solliciter telles que :

  • Villes en transition (Lien) mouvement qui incite les habitants d'un territoire à mettre en place des solutions alternatives à un avenir « pétrolier », parmi lesquelles la mise en place de ceintures maraîchères ;
  • Terre de liens (Lien) encourage l'installation de paysans, le développement de l'agriculture biologique, l'accompagnement de projets pour l'accès au foncier en milieu rural et périurbain, et la création d'activités écologiquement responsables et solidaires ;
  • La fédération nationale des agriculteurs biologiques (Lien) déclinée en structures régionales pour entrer en contact avec les producteurs bio locaux et régionaux.

Différentes collectivités se sont emparées de la problématique et ont initiés des actions intéressantes

Nous présentons ici l’initiative strasbourgeoise de reconquête d’une ceinture maraîchère, à l’instar des politiques menées dans des villes telles que Totnes (Grande Bretagne) ou Munich…

Focus sur l’expérience strasbourgeoise :

L’agriculture dans la Communauté urbaine de Strasbourg représente 200 exploitations sur 10 000 hectares soit 1/3 du territoire. En 2010, les productions maraichères ne représentaient que 6% de la surface agricole (313 ha). 72% de la production végétale agricole était trustée par les céréales. La production maraichère était vendue pour moitié par le biais de la distribution de proximité. L’autre moitié est revendue à des circuits longs (grossistes…). L’agriculture bio ne représente que 1.3% de la surface dans la CUS (4.1% en Alsace).

En Juin 2010, la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg ont mis en place une stratégie de soutien de l’agriculture locale. Une convention cadre a été signée entre la Ville, la CUS et la Chambre d’agriculture, mettant en exergue trois objectifs inscrits dans un développement durable :

  • Soutenir les producteurs locaux pour leur garantir une rémunération juste,
  • Préserver la biodiversité et la qualité de la nappe phréatique,
  • Offrir des produits locaux accessibles à tous et renforcer le lien agriculteurs et citoyens.

Pour atteindre ces objectifs la Ville et la CUS mettent ont mis en place différents actions :

  • Réduction au maximum l’impact des projets urbains sur le foncier agricole.
  • Soutien à l’installation de jeunes agriculteurs.
  • Développement des paniers fermiers locaux. (Le programme « du champ à l’assiette » recense 45 sites de dis-tribution en direct de fruits et légumes des maraichers locaux.)
  • Communication sur les fermes locales par le biais du programme « du champ à l’assiette » : 21 fermes
  • Rachat de terres agricoles (19ha à la Robertsau) : prairies avec Highland Cattle et parcelle de 2,5ha pour du ma-raîchage biologique (bail rural à clause environnemental AB).
  • Création d’un magasin de producteurs au centre-ville de Strasbourg rassemblant 21 agriculteurs et vignerons sur une surface de 450m². Ce magasin collectif a pour but de garantir un revenu décent au producteur et de rapprocher les agriculteurs locaux de leurs clients. La Ville de Strasbourg a investi 1 million d’euros et les agri-culteurs 500 000€ pour ce marché qui ouvrira fin 2014.
  • Organisation de manifestations de découverte du monde paysan comme « la ferme en ville » et le « Tour des fermes »
  • Développement des jardins partagés (jardins collectifs et individuels) et des potagers urbains collectifs.
  • Location de 4800 jardins familiaux de Strasbourg (162ha).

Malgré toutes ces initiatives intéressantes,, de nombreuses questions restent ouvertes :
peut-on nourrir 400 000 personnes par ce moyen ?
Comment rendre la terre accessible à la production maraichère ?
Comment concilier urbanisation et nourriture ?
Comment convertir des terres de production végétales en production maraichères ?
Quel type d’agriculture faut-il privilégier (BIO ou conventionelle) ?
Quel est le niveau de formation et de motivation des agriculteurs ?
...
  

Jean-Philippe MICHEL & Laurent VIDAL

 

 

 

En savoir plus

 


 

 Emission Radio sur 
L'agriculture maraîchère périurbaine

 Article publié par 
Ile de France Actu
Pour recréer une ceinture
agricole autour de Paris

Article du site de la
communauté Urbaine de Strasbourg
vers une agriculture locale
durable innovante

 Article d'Agrovélocités
Les ceintures vertes, d’hier à …
deux mains

 Site internet de 
fresh city frams

 Page de notre site sur
Les Potagers Urbains Collectifs

 Vidéo de Gensol Arte
Un jardin pour l'auto suffisance

 

 Article du site d'AgroParis Tech
Le Monde sur les toits d’AgroParisTech

 

 

 

 

 




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