Parole P25 - Fukushima : deux ans après…

14/02/2013

Le 11 mars 2011, un séisme suivi d’un tsunami ont eu de graves conséquences sur la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi, au Japon. Trois réacteurs subissent une fusion partielle de leur cœur conduisant à d’importants rejets radioactifs. Cet accident nucléaire a été classé niveau 7 (le plus élevé) sur l’échelle internationale des événements nucléaires.


Etat de la centrale

Le démantèlement des bâtiments réacteurs est particulièrement complexe. Des difficultés à démanteler sont à prévoir en raison de la corrosion qui rend aussi la situation plus urgente. Par ailleurs, le rayonnement sur le site reste trop important pour permettre une intervention humaine, bien que cela montre une perte de confinement critique du réacteur. Les experts s'accordent à dire que la piscine du réacteur 4 représente le pire legs de la catastrophe. Tant qu’elle ne sera pas vidée, le combustible nucléaire qui y est stocké pourrait se réchauffer et émettre d’importantes radiations.

De plus, les journalistes mettent en avant que la décontamination n’est pas effectuée correctement. Il y a peu de possibilités de stockage des déchets radioactifs récupérés et l’eau utilisée pour le nettoyage n’est majoritairement pas récupérée pour être retraitée.

Bilan humain

Le Japon a connu un record de mortalité en 2011-2012. Sa cause fait débat et beaucoup pointent la radioactivité. Yoichi Shimatsu, journaliste scientifique, dénonce le silence du gouvernement et de la profession médicale sur le sujet. Selon lui, la contamination radioactive des aliments et de l’environnement aurait contribué à au moins 6000 morts.
Le Japon a également connu une baisse record du taux de natalité. Cela montre la réticence des Japonais à élever des enfants dans ce contexte. Les maladies liées aux radiations sont très difficiles à vivre. De ce fait, on assiste à des suicides de personnes privées d’emplois (les éleveurs et cultivateurs notamment) et de soins médicaux.

Un modèle énergétique remis en cause

Suite à l’accident nucléaire, le gouvernement a dû faire face à une remise en cause de son modèle énergétique par la population n’acceptant plus les risques liés au nucléaire. Dans la précipitation, la quasi-totalité des centrales ont été arrêtées. Cela a évidemment entrainé des importations d’énergies fossiles importantes pour compenser. Néanmoins, les Japonais ont montré leur étonnante capacité d’adaptation et réduit leur consommation d’énergie. Au cours de l’été 2011, on a pu constater plus de 15% d’économie d’énergie à Tokyo comme à Fukushima. Le gouvernement japonais a également fait adopter une loi sur le développement et l'usage des énergies renouvelables qui établit pour une durée de 20 ans des tarifs d'achat préférentiels pour l’électricité.
 

Mais face à ces politiques qui portent déjà leurs fruits, le débat sur le nucléaire n’est pas clos. En effet, le nouveau premier ministre japonais a annoncé que son pays allait relancer la construction de centrales nucléaires car il ne peut s’en passer. Mais des alternatives sérieuses ont-elles été réellement étudiées face à une énergie nucléaire dont le modèle économique s’est avéré être réellement déficitaire depuis la catastrophe ?

En France la médiatisation de l’évènement s’est également estompée. Seuls 42% des Français sont inquiets à l’égard des centrales nucléaires en mars 2012 contre 56% un an avant (sondage IFOP). La catastrophe a eu un impact sur les normes de sécurité des centrales qui ont été revues à la hausse. Mais le modèle énergétique français, très largement basé sur le nucléaire, comme celui de son homologue japonais, ne semble pas avoir été remis en cause. Tout au plus, le gouvernement actuel projette une réduction de la part du nucléaire de 78 à 50% dans le mix énergétique à l’horizon 2025.

 

Julia DUBAN & Benoît RIBON

 

Photo du centre ville de la préfecture de Fukushima : Namie

 

Sources

 

 

Pour aller plus loin

 


 

 

 le blog de Fukushima

Article sur RUE 89

Fukushima : le CNRS tait la vérité
et domestique les masses

Pour l'indépendance de l'OMS

Séjour en territoire non contaminé
pour des enfants de Fukushima




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