Parole P25 - Un lycée « écologique » en Aquitaine ?

15/03/2013

4 septembre 2012 : sud-est de la Communauté Urbaine de Bordeaux, à Bègles, un lycée d’un genre nouveau est inauguré, le premier lycée à énergie positive de France.
Le lycée polyvalent Vaclav Havel de Bègles, lycée « écologique » et premier lycée à énergie positive de France nous assène-t-on depuis quelques mois, non seulement dans la presse régionale aquitaine, mais aussi dans les titres des journaux nationaux.

Les médias se montrent-ils trop enthousiastes ? Est-ce un coup de bluff ou la vérité ?

Nous avons décidé d’enquêter à ce sujet en rencontrant Monsieur Philippe Laperna, ingénieur en charge du projet et en nous rendant au sein du lycée Vaclav Havel.


 Un peu d'histoire

Le lycée Vaclav Havel ouvre ses portes trois ans après l’ouverture du premier lycée « zéro énergie fossile » ou « Kyoto », de Poitiers et quatorze après celle du premier établissement HQE Léonard-de-Vinci, à Calais. De plus, en 2009, le lycée des Métiers de Blanquefort avait été le premier lycée en France à être certifié HQE1 , cependant, il s’agissait d’une restructuration et d’une extension, et non d’une construction nouvelle.

La démarche HQE

La démarche HQE développe une approche méthodologique visant à coordonner l’action de tous les intervenants concernés, pour atteindre les objectifs de qualité environnementale fixés par le maître d’ouvrage. C’est une démarche applicable à tout type de bâtiment. 

 Un projet bâti autour du développement durable

Au sud-est de la communauté urbaine de Bordeaux, l’absence d’un lycée général se faisait ressentir. En effet, les élèves de Bègles et des communes avoisinantes étaient obligés de se rendre dans un lycée du centre de Bordeaux assez éloigné de leur lieu d’habitation. La décision a donc été prise par le Conseil Régional d’Aquitaine de construire un lycée au sein de la commune de Bègles, à un emplacement stratégique, proche de la rocade et desservi par les transports en commun, dans le futur écoquartier Terre Sud de Bègles

Lors de la conception du projet, il a été décidé d’en faire un lycée « écologique », s’inscrivant dans une démarche respectueuse du développement durable. Le Conseil Régional d’Aquitaine a notamment pris pour modèle les lycées à « énergie positive » de Fribourg-en-Brisgau.

Ce lycée agit pour le développement durable à travers trois défis, environnemental, économique et social.

Un défi environnemental

Pour la construction de ce nouveau lycée, il a été décidé de faire ce qui fait de mieux en matière de bâtiment écologique.

2 893 mètres² de capteurs de panneaux photovoltaïques ont été installés sur le toit (soit l’équivalent de l’alimentation en électricité de 100 foyers), ce qui générera une économie de fonctionnement ; EDF achètera le surplus d’électricité produite. Des lentilles de Fresnel permettent également grâce à la concentration de l’énergie solaire de produire de l’électricité. L’éclairage naturel a été favorisé par l’installation de puits de lumière et de stores qui s’ouvrent et se ferment en fonction de la lumière extérieure.
Une partie des besoins en eau chaude est assurée par l’énergie solaire pour les sanitaires et les toilettes sont reliées aux eaux de pluie. Il existe également un service de récupération des eaux de pluie. La gestion des déchets est effective, le recyclage est pratiqué dans tout le lycée, de l’administration aux classes ; dans chaque salle du lycée est placardé une affiche expliquant de quelle manière trier les déchets. 100 % des besoins thermiques sont assurés par la chaufferie au bois.

Un défi social

Le chantier de construction du lycée a prévu des heures d’insertion par l’emploi (46 000) réservées à des personnes en difficulté. Cela a abouti à des embauches ou des formations dans la filière du bâtiment.

Un défi économique

Le coût de ce lycée est de seulement 10 % supérieur au coût d’un lycée dit « classique », a indiqué Philippe Laperna (1 750 euros le mètre carré contre 1 500 en moyenne pour un lycée classique).

Le Conseil Régional d’Aquitaine, maître d’ouvrage du projet, a choisi 90 % d’entreprises régionales pour travailler sur ce chantier. Il faut également noter que le lycée devra une partie de ses performances à une PME alsacienne, l’entreprise familiale Bieber bois située à Waldhambach (Bas-Rhin) qui a livré 4 000 m2 de menuiseries extérieures (2789 fenêtres sur mesure auxquelles s’ajoutent 1500 m2 de mur rideau).

Ainsi, ce lycée présente un potentiel intéressant concernant le développement durable mais il est, pour le moment en phase d’observation.

Alors que le Conseil Régional d’Aquitaine a mis en place la construction d’un nouveau lycée HQE à Bergerac, il faudra attendre au moins un an pour la mise au point des outils techniques et au moins deux ans pour vérifier ses performances effectives notamment en matière énergétique, le défi de l'établissement étant d'atteindre une production nette de 5,7 kWh/m²/an.

 

Alexia PECRESSE

 

1 : Ce projet a été choisi dès ses débuts par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment et l’ADEME pour expérimenter la démarche de certification Haute Qualité Environnementale® à l’échelle nationale, et a été présenté à ce titre au Green Building Challenge de Tokyo en 2005 (source : http://aquitaine.fr/IMG/pdf/Lycee_de_Blanquefort_1er_lycee_HQE.pdf)

 

 

 

 Les 14 cibles de la HQE®

 

 Le lycée en quelques photos

 

Le lycée Vaclav Havel de Bègles
Le lycée Vaclav Havel de Bègles
Le lycée Vaclav Havel au cœur de l’éco-quartier Terre Sud à Bègles
Le lycée Vaclav Havel au cœur de l’éco-quartier Terre Sud à Bègles
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Des lentilles de Fresnel sur le toit végétalisé
Des lentilles de Fresnel sur le toit végétalisé
La charpente, pour le moins originale, du gymnase
La charpente, pour le moins originale, du gymnase
Les noms des salles sont indiqués en français et en occitan
Les noms des salles sont indiqués en français et en occitan

 

Site internet du lycée




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