Parole P23 - Les vacances durables

26/06/2011

Il n’a pas fallu plus de quelques jours de beau temps et de températures estivales pour le savoir : les vacances approchent, il n’y a aucun doute. Les publicités fleurissent pour des séjours tout compris à des prix imbattables et chacun souhaite quelques jours de repos bien mérités loin du tumulte habituel.
Si cliquer sur un lien internet proposant une semaine tout compris au Maroc, en Turquie ou au Baléares, billet d’avion et hôtel demi pension inclus, pour moins de 300 euros par personne est tentant, qu’en est-il vraiment de ces vacances ? Profitent-elles aux populations locales ? Favorisent-elles des pratiques équitables et un développement durable des endroits visités ?

Cet article propose de répondre à ces questions, de définir les différents types de tourisme durable et de lister les principaux labels « durable » dans le tourisme pour permettre à chacun de faire un choix de vacances éclairé !

Le tourisme, une véritable manne d’or aux effets souvent ignorés

Il ne faut pas perdre de vue que le tourisme est la première industrie au monde, avec 800 millions de touristes en 2008. La progression du nombre de touristes est d’environ 4% par an et, si ce chiffre se confirme dans les prochaines années, 2020 verra 1,5 milliards de touristes visiter tous les recoins de notre planète. Cela représente plus de 20% de la population mondiale.

Les publicitaires ont très vite su exploiter l’image idyllique de vacances sur des plages de sable blond ou dans des contrées exotiques. Mais en réalité, l’impact du tourisme sur les populations locales et l’environnement est loin d’être inoffensif, et les belles publicités cachent souvent une réalité bien moins idyllique.

En effet, quelque soit le voyage effectué, le tourisme a toujours des impacts que l'on peut rassembler en trois catégories :

  • les impacts socio culturels : choc des cultures, érosion culturelle et perte des pratiques locales…
  • les impacts environnementaux : consommation démesurée des ressources naturelles, pollutions multiples, production démesurée de déchets…
  • les impacts sur la gouvernance : non consultation et exploitation des populations locales…

D’un point de vue économique, le tourisme rapporte, surtout dans les pays en voie de développement. Mais les impacts liés au tourisme sont sérieux, et ne doivent pas être ignorés.

A cela il faut ajouter le transport, source de nombreuses pollutions. L’avion, grand producteur de CO2 est à éviter, en faveur de transports moins émetteurs de CO2 (train) voire en faveur de transports doux (vélo, marche à pied). Ceci n’est évidemment pas toujours facile, mais il est important de garder la problématique du transport à l’esprit lorsque l’on cherche des vacances.

Depuis plusieurs années et en réponse aux impacts négatifs liés au tourisme « classique », de nouvelles formes de tourisme dites « durables » se sont développées. La demande pour des vacances plus responsables ne cesse d’augmenter. La nouvelle génération de voyageurs n’est pas prête à abandonner le tourisme et la découverte de nouveaux horizons, mais souhaite voyager dans le respect des populations locales et de la nature.


C’est quoi, le tourisme durable ?


L'expression tourisme durable (aussi appelé tourisme responsable) décrit généralement toutes les formes de tourisme alternatif qui respectent, préservent et mettent durablement en valeur les ressources patrimoniales (naturelles, culturelles et sociales) d'un territoire à l'attention des touristes accueillis, de manière à minimiser les impacts négatifs qu'ils pourraient générer. La chose principale à savoir est qu’il n’existe aucune règle globale et officielle sur le sujet, même si de nombreux acteurs ont établi ou sont en train d’établir leurs propres chartes, critères et labels. Il est donc important de toujours chercher les détails et les critères pris en compte pour tous voyage labellisé « durable » en analysant les séjours sur les points suivants :

  • le développement économique et l’épanouissement des populations locales (par l'implication dans l'économie locale, une rémunération juste et stable des partenaires, des conditions de travail décentes, des échanges de connaissances et de bonnes pratiques...).
  • la préservation à long terme des ressources naturelles, culturelles et sociales
  • la contribution aux enjeux du XXIe siècle : lutte contre les changements climatiques, protection de la biodiversité et des milieux fragiles et lutte contre les atteintes aux droits humains

Il existe de nombreuses offres de voyages responsables, pour vous éclairer dans la jungle du tourisme durable, voici une explication des différents labels actuellement reconnus.

Et les labels dans tout ça ?

Nous souhaitons tous faire de meilleur de choix, mais comment reconnaitre un acteur engagé dans une démarche de tourisme responsable d’une structure opportuniste amatrice de greenwashing ? Les labels sont souvent gage d’un véritable engagement, mais de quoi parle-t-on exactement?

Un label est un signe de reconnaissance attribué à une entreprise ou à une association après vérification du respect d’un cahier des charges, par une personne extérieure à l’entreprise ou l’association labellisée. Les différents labels du tourisme durable vérifient donc le respect de certains critères sociaux et environnementaux, avec plus ou moins d’exigences selon le label.

Ces labels sont particulièrement utiles car ils permettent de vérifier la véracité de déclarations d’hôteliers et tours opérateurs concernant leur engagement pour la protection de l’environnement et le bien-être des populations locales.

Cependant, de nombreux acteurs du tourisme sont engagés sur le terrain dans une démarche environnementale mais ne souhaitent pas être labellisés en raison de contraintes financières et administratives : l’obtention d’un label a un coût (entre 200 et 10.000 € selon la structure…), un budget parfois trop important surtout pour les petites structures. L’absence de label de tourisme durable n’est pas forcément synonyme d’absence d’engagement et certains hébergements non labellisés sont plus engagés et plus militants que certains hébergements labellisés.

Et maintenant ?

Bien sur, il existe d’autres labels, et comme il a été dit plus tôt, certaines structures non labellisées sont très engagées dans le tourisme durable. Quelles que soit les vacances de vos rêves, un choix plus responsable est toujours possible.

Voici quelques idées clefs pour des vacances plus vertes et plus responsables

 

  • Limiter les transports : faites la part belle aux transports doux (vélo, marche a pied, cheval…) et peu émetteurs de CO2 (train, transports en communs). Si prendre l’avion est nécessaire, mieux vaut éviter les escales qui multiplient les décollages et les atterrissages très polluants et prendre un vol direct.
  • Voyagez léger : une plus petite valise signifie moins de poids a transporter, et donc des émissions de CO2 réduites (et moins de poids a trimballer a bout de bras pendant le voyage dans les gares, aéroports, bus… C’est gagnant-gagnant !)
  • Favoriser le développement économique et l’épanouissement des populations locales : pourquoi ne pas loger chez l’habitant pour découvrir la véritable culture du pays ? (toujours se renseigner sur les conditions de travail, l’implication dans l’économie locale, la rémunération accordée aux habitants...)
  • Photographier les gens oui, mais toujours demander leur permission avant !
  • Garder les bons reflexes : on éteint la lumière, on évite la climatisation, on limite sa consommation d’eau (surtout dans les pays qui en manquent) et sa production de déchets (pensez gourde au lieu de la bouteille en plastique, cabas et pas sac en plastique etc.).
  • Rester dans le droit chemin : toujours suivre les entiers balisés et respecter la faune et la flore (on ne touche pas les animaux qu’on croise en randonnée, on ne les nourrit surtout pas, mais on regarde et on prends des photos -sans flash-, on ne cueille pas les plantes locales etc.), et cela vaut aussi en mer (on porte des palmes courtes, qui n’endommagent pas le corail et les plantes, on ne prélève rien et on ne touche ni ne nourrit les poissons).
  • Favoriser ce qui est fait sur place, que ce soit pour la nourriture ou les souvenirs, et ainsi soutenir l’économie et le travail des populations locales
  • Donner oui, mais intelligemment : si on souhaite faire un don, le faire par le biais d’une association locale, d’une école, d’un chef de village…Pour s’assurer de la juste redistribution des dons.
  • Redécouvrir sa région : on n’a pas forcément besoin d’aller loin pour passer de bonnes vacances. Le marais poitevin organise des séjours 0 carbone avec vélo a assistance électrique, menus bios, hébergement labellisé (vacancesautrement.net). La Bourgogne propose des séjours en roulotte pour toute la famille, des croisières en péniche dans les vignobles, etc. (bourgogne-tourisme.com). Chaque région propose une grande variété de séjours responsables, a deux pas de chez vous.

Et surtout, passez de bonnes vacances, durables bien sur !

Quelques sites clef

  • voyageons-autrement.com - site généraliste sur le tourisme alternatif et durable
  • voyageur-responsable.com - blog proposant des idées de voyages responsable en France et à l’étranger
  • earth-net.eu - site de l’alliance européenne du tourisme responsable et solidaire
  • tourismesolidaire.org - site de l’ATES association pour le tourisme équitable et solidaire qui propose aussi des séjours durables sur le site
  • voyagespourlaplanete.com - des définitions claires et un choix de destination durable tout autour du monde

Les sites suivants proposent des hébergements de qualité chez l’habitant :

 

Julie RIEHL 


Adipso

Site Internet créé par
l'agence web Adipso
localisée à Strasbourg, Alsace

www.adipso.com