Parole P27 - La santé est-elle dans mon assiette ? Pas si sûr …

09/02/2014

"On mange tellement de choses toxiques, que ce n'est pas bon appétit que j'ai envie de dire aux gens, mais bonne chance", a déclaré Pierre Rabhi, agriculteur et philosophe français dans plusieurs conférences. L’alimentation moderne serait-elle dangereuse pour notre santé ? Que mangeons-nous vraiment ?


Un dîner presque parfait …

Mousse de canard au porto en mise en bouche, salade de tomates au vinaigre balsamique saupoudrée d'une pincée de sel en entrée, volaille à la moutarde et ses petits légumes, crème caramel en dessert, le tout accompagné d’un bon vin rouge. Vitamines, sels minéraux, protéines, glucides, quoi de mieux pour notre santé ?

A y regarder de plus près, notre repas contient également plusieurs additifs, des exhausteurs de goût, du caramel E150D dans le vinaigre, des résidus de pesticides dans les tomates saupoudrées de nanoparticules dans le sel, des antibiotiques dans la volaille, des colorants azoïques en dessert et des sulfites dans le vin, sans parler des emballages plastiques alimentaires qui contiennent du bisphénol A et des phtalates !

Plus de 50% des fruits et près de 40% des légumes analysés en 2012, contenaient des traces de pesticides selon l’enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Eau, jus de fruits, vin, poissons, fruits de mer, viande, lait, œufs, aucun aliment n’est épargné par ces substances. Utilisés dans l’agriculture conventionnelle, les pesticides servent à éliminer les nuisibles et participer à l’augmentation du rendement des cultures.

Quant aux additifs alimentaires, tels que les colorants, les conservateurs, ils sont utilisés par les industriels pour préserver des germes ou rendre plus attractifs les aliments.

Invitées spéciales de notre alimentation actuelle, les nanoparticules modifient les arômes, la couleur, la texture, allongent la durée de conservation des aliments. Ainsi, les nanoparticules de dioxyde de silicium (E551) empêchent l'agglomération des grains de sel et d'autres denrées en poudre en fixant l’humidité. Ces nanoparticules servent aussi à rendre la texture de plats surgelés ou de glaces plus onctueuse et plus homogène.

Un cocktail aux effets néfastes …

Parmi les 350 pesticides utilisés en Union Européenne, 40 appartiennent à la famille des perturbateurs endocriniens. Bisphénol A, phtalates ainsi que certains additifs alimentaires en font également partie. Que sont donc ces substances ? Il s'agit de molécules capables de perturber le bon fonctionnement de notre système hormonal. Elles ont en effet la capacité de mimer les hormones naturelles. Elles peuvent provoquer une féminisation des fœtus mâles, des troubles du système de reproduction, de l'obésité, du diabète et des cancers.
Principales caractéristiques ? Ces molécules ont des effets plus importants à faible dose qu'à dose élevée. Leur mélange en décuple les impacts : c’est l’effet cocktail. En outre, ces impacts peuvent se transmettre sur plusieurs générations.

Qu'en est-il alors des nanoparticules ? Elles sont si fines qu'elles s'infiltrent par les voies respiratoires, la peau et bien sûr, la bouche. Plusieurs études montrent qu'elles peuvent interférer avec le système immunitaire, pénétrer dans les vaisseaux sanguins, le système lymphatique et divers organes. Mesurer les risques liés à ces particules est ardu, car les nanoparticules peuvent être de taille et de formes différentes pour une même famille, ce qui semble influer sur leur toxicité.

Et les colorants azoïques dans tout ça ? L'étiquetage de six d'entre eux doit comporter une mention précisant qu'ils « peuvent avoir des effets indésirables sur l'activité et l'attention chez les enfants ».

Essentielle pour notre santé, une alimentation saine et variée est-elle encore possible ?

Des recettes pour protéger sa santé …

Voici quelques pistes, à la portée de tous :

  • varier ses achats et ses lieux d'approvisionnement pour éviter l'accumulation de molécules associées à certains fruits et légumes,
  • favoriser les produits locaux et de saison afin de réduire l'ingestion de pesticides utilisés pour le stockage et la conservation,
  • privilégier les produits issus de l'agriculture biologique, notamment les légumes en crudités, les salades, les pommes, les poires, les pêches et les fruits rouges,
  • à défaut, peler ceux provenant de l'agriculture conventionnelle pour éliminer les substances présentes sur la peau même si cela limite l'apport en vitamines et minéraux bons pour la santé tels les folates ou vitamine B9 sur les légumes verts.
  • consommer des produits frais non-transformés pour éviter les cohortes d'additifs et autres conservateurs
  • utiliser des récipients en verre plutôt qu'en plastique
  • lire attentivement les étiquettes : les produits sans additifs, ça existe !
  • Pour les plus courageux d'entre vous, munissez-vous d’une liste qui répertorie et classifie, les différents E... en fonction de leurs effets sur notre santé. (Listes disponibles dans des ouvrages ou revues spécialisés)
  • cultiver un petit potager et le nourrir avec son propre compost obtenu à partir des épluchures des fruits et légumes consommés. Bouclons la boucle !

 Il y a 25 siècles, Hippocrate écrivait « Que ton aliment soit ton médicament ». A notre époque, suivre ce précepte semble devenir une véritable gageure !
Pour autant, relever ce défi est possible. Il appartient en effet à chacun de s'informer et de faire des choix pour préserver sa santé et celle des générations futures !

 

Florence AMATE & Isabelle DELHON

 

 

 

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Le plan écophyto 2015
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En savoir plus sur les pesticides,
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Livre de Corinne GOUGET
« Additifs alimentaires – Danger ! »

 




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