Parole P27 - Slow Food : une alternative au fast food ? Bien plus que ça...

24/02/2015

 Ne vous y trompez pas ! Il ne s'agit pas d'une nouvelle catégorie de restaurants mais d'une association internationale née...en Italie. Ce mouvement "écogastronomique" fait la promotion d'une alimentation bonne, propre et juste.


Slow Food : en réaction au fast food !

En 1986, l'ouverture d'un restaurant McDonald's, sur la place d'Espagne à Rome, déchaîne les passions. Beaucoup refusent que l'ensemble architectural soit défiguré par un gigantesque "M" jaune et clignotant. L'affaire se résout par un "compromis à l'italienne" qui laisse "McDo installer un restaurant dont la devanture ne ruine pas la façade, mais dont les hamburgers continuent de ruiner les estomacs romains", selon Carlo Petrini, sociologue de formation, journaliste et critique gastronomique. Peu après, alors que l'événement anime la conversation d'un dîner, Carlo Petrini et ses amis décident de créer une association pour une gastronomie alternative, plus saine et plus respectueuse des traditions. Le nom est tout trouvé, ce sera "Slow Food".
En 1989, à Paris, est créée l'Association internationale "Slow Food", dont le manifeste fait la promotion d'un art de vivre respectueux de la diversité des saveurs et garantit une situation décente pour les producteurs. L'emblème sera un escargot, parce qu'il est, selon Carlo, "lent et délicieux".

L'union du plaisir et de la responsabilité

"Un gastronome-gourmet qui ne se soucie pas d'environnement est stupide, mais un écolo qui n'a pas de sensibilité gastronomique est triste, et qu'importe qu'un produit soit bio s'il n'est pas bon ?" affirme Carlo Petrini
Slow Food lutte contre la disparation de nos traditions culinaires et le désintérêt croissant pour le goût et l'origine de ce que nous mangeons. L'association montre aussi l'impact de nos choix alimentaires sur le monde qui nous entoure.

Aujourd'hui, Slow Food est un vaste réseau qui compte 100 000 membres actifs dans 150 pays, regroupés en structures locales appelées "Conviviums", au nombre de 1 500.

Par exemple, le Convivium du Bas Rhin s'appelle le "Schnaeckele". Afin de partager les valeurs Slow Food et d'agir concrètement, il organise régulièrement :

  • des ateliers de cuisine et de dégustation,
  • des rencontres avec les producteurs qui sont orientés vers des cultures de qualité et "slow",
  • des événements locaux (Terra Madre Day, pique-nique annuel transfrontalier...) et des animations de sensibilisation,
  • le recensement de producteurs, restaurateurs et autres acteurs locaux respectant "l'esprit Slow Food".

 Bon, propre et juste : le slogan phare de Slow food

  • BON, c'est à dire des aliments frais, de saison, goûteux et diversifiés.
    A l'heure de l'uniformisation du goût, qu'en est-il de la biodiversité dans nos assiettes ? Quelques décennies auparavant, nous cultivions 200 variétés de pommes de terre. Aujourd'hui, plus que 5 ! Et c'est le même scénario non seulement pour les fruits et légumes, mais aussi pour les animaux que nous consommons. Les variétés ont été sélectionnées pour leur rendement et leur esthétique. Une nouvelle maladie survient et c'est tout un pan de l'agriculture qui est en danger. La survie de la planète en dépend.
     
  • PROPRE, cela implique un produit sain et un mode de production respectueux de l'environnement.
    Pendant des milliers d'années, l'homme a cultivé la terre suivant une économie de subsistance. Après la seconde guerre, les pratiques, guidées par la recherche du profit, ont évolué vers le tout chimique et les techniques épuisant la terre. Les résidus phytosanitaires se retrouvent dans nos assiettes et nous rendent malades. La raison invoquée par les partisans de ces pratiques est que l'agriculture doit être capable de s'adapter à la croissance démographique. Or la production actuelle pourrait nourrir 12 milliards de personnes alors que nous ne sommes que 7 milliards, soit 40% de denrées gaspillées. Et dire que les rendements moyens de l'agriculture biologique sont supérieurs à ceux de l'agriculture conventionnelle !
     
  • ET JUSTE, signifie garant de conditions de travail équitables pour le producteur d'un prix raisonnable pour le consommateur.
    Ce dernier, par facilité, s'approvisionne majoritairement en grande surface. Le débouché principal des agriculteurs est la grande distribution. Ces deux phénomènes, qui sont la conséquence l'un de l'autre, font que la grande distribution a tout le pouvoir d'imposer ses prix aux producteurs et favorise ainsi les grandes exploitations qui sont devenues des "entreprises capitalistes", dixit Carlo Petrini. Les petits paysans sont incapables de résister à la pression, l'économie locale est détruite. Un retour vers les circuits courts et une production de qualité leur permet d'attirer des clients désireux de consommer mieux, et ainsi de vivre décemment de leur métier.Les consommateurs deviennent alors des coproducteurs.

L'association Slow Food se bat pour sauvegarder la diversité des variétés de produits à travers la sensibilisation et les programmes qu'elle a créés : l'Arche du goût (un répertoire des produits en danger de disparition) et les Sentinelles (un réseau d'alerte et de soutien de ces produits).

 

 

 

Edith ESCOLIN & Frédéric MAIRE
 

 

 

 

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