Le commerce équitable : décryptage ! - Article d'étudiants éco-conseillers (promo 28)

20/12/2015

Petit à petit, les produits issus du commerce équitable ont réussi à se faire une place dans les rayons au côté des produits « traditionnels ». Mais les consommateurs savent-ils vraiment ce que signifie cette expression ? Comment est apparu le commerce équitable, quels en sont ses principes, que signifient les différents labels ? Décryptage.


Artisans du Monde

Une histoire récente

C’est après la seconde guerre mondiale qu’apparaissent en Europe les prémices du commerce équitable, par la volonté d’associations caritatives, qui vont se structurer au cours des années 60 et 70. Le premier magasin de commerce équitable est lancé aux Pays-Bas en avril 1969. Deux ans plus tard, on en compte plus de 120, principalement dans les pays du nord de l’Europe.
Malgré tout, ce circuit reste peu connu du grand public et une première étape est franchie à la fin des années 80 avec la création du label Max Havelaar qui va augmenter la visibilité du commerce équitable.
Dans les années 90, le secteur a continué à se structurer, de nouveaux labels ont vu le jour et le développement s’est amplifié dans les années 2000.
En 2012, les ventes issues du commerce équitable ont représenté près de 6 milliards d’euros à travers plus de 30 000 références, vendues dans 70 pays.
Du côté des producteurs et travailleurs, le commerce équitable bénéficie à plus de 2 millions de personnes (et environ 10 millions en comptant leurs familles) réparties dans 75 pays.

Les 10 normes du commerce équitable

Mais finalement c’est quoi le commerce équitable ?

Le commerce équitable a pour but d’assurer une rémunération juste aux producteurs des pays en développement afin d’améliorer leur niveau de vie et de leur permettre de développer leur activité à long terme.
Le commerce équitable prend aussi en compte les aspects sociétaux en veillant au respect des conditions de travail, du droit des enfants ou de l’égalité entre les sexes.
Tous les labels intègrent aussi des critères environnementaux importants, même s’ils ne sont pas aussi restrictifs que ceux des labels bios.

Jungle des logos et labels : Comment s’y retrouver ?

C'est quoi un label au juste ? Un label sur un produit quel que soit le secteur (équitable, bio, ISO 9001 etc…) implique le respect de règles « minimum ». Cela ne signifie pas que les entreprises qui y recourent ont les mêmes pratiques. Certaines respectent le « seuil » minimum, d’autres vont plus loin.
Des organismes indépendants vérifient et contrôlent sur le terrain l’application des cahiers des charges.

Logos du commerce équitable

Les 4 labels commerce équitable les plus courants sont Fairtrade (Max Havelaar), Contrôlé équitable par Ecocert, Symbole des Paysans Producteurs (SPP) et Bio équitable.

Mais il y a aussi les logos « maisons », qui recouvrent des pratiques différentes et ne bénéficient pas de contrôle extérieur. Il s’agit davantage d’une stratégie marketing que d’une volonté de commerce équitable. Parmi eux on trouve Cocoa Plan (Nestlé), Commerce équitable (Bonneterre), Cocoa life (Côte d’or)…

Depuis des années, le label Max Havelaar domine le marché du commerce équitable. Aujourd’hui, ce dernier est vivement critiqué au sujet de son exploitation des producteurs (leur rémunération, les conditions de travail) et la non traçabilité de ses produits.

Dans cet article nous vous proposons d’analyser un label qui parait être une bonne alternative à Max Havelaar : Symbole des Paysans Producteurs.

Symbole des Paysans Producteurs (SPP)

Symbole des Paysans Producteurs (SPP)

Il a été créé en 2006 à l’initiative du réseau des producteurs d’Amérique latine et des Caraïbes du commerce équitable. Ethiquable, une entreprise coopérative, citoyenne et solidaire est un exemple d’acteur qui utilise ce label.

 

10 raisons de choisir SPP :

  1. Il est dédié exclusivement à l’agriculture familiale
  2. Il propose une définition précise du petit producteur
  3. Une exportation maitrisée par les organisations de producteurs
  4. Les producteurs fixent les prix minimums garantis
  5. Il confie les audits aux organismes de certification biologique
  6. Une traçabilité physique tout au long de la chaine
  7. Tout ingrédient qui existe sous conditions SPP doit être acheté auprès des coopératives certifiées et un produit labélisé SPP doit contenir au moins 50% d’ingrédients SPP
  8. Seul label dont le cahier de charges appartient aux producteurs
  9. Il s’adresse à des entreprises qui souhaitent s’engager pleinement dans une démarche de commerce équitable
  10. Les acheteurs du SPP s’engagent à préfinancer 60% de la récolte

Nous avons vu ce qui se cache derrière le commerce équitable, les valeurs qu’il défend et qu’il est important d’apporter notre soutien aux petits producteurs du Sud. Cependant, il faut se méfier des organisations qui se cachent derrière ce concept pour leur stratégie marketing. Le mieux étant de privilégier, si possible, les produits équitables locaux (idéalement bio, mais cela est un autre débat… !) et sinon bien se renseigner sur le label de son choix.

 Cindy HURTH & Nicolas PRACHAZAL


 

 

EN SAVOIR PLUS

 

 


 

Le dictionnaire du  commerce équitable

Le dictionnaire du 
commerce équitable
(Livre)

 

La plateforme pour le commerce équitable

La plateforme pour
le commerce équitable
(Site)

 

Je consomme équitable (Site web)

Je consomme
équitable
(Site)

 

Le commerce équitable : qu’est ce que c’est ? (Vidéo)

Le commerce équitable :
qu’est ce que c’est ?
(Vidéo)

 

 

 

 

 




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