Parole P27 - Loup, y-es-tu ?

18/12/2014

« Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas, si le loup y était, il nous mangerait… » Cette comptine enfantine reflète parfaitement les croyances populaires qui font du loup un animal craint par l’Homme. Quelques épisodes du passé (La Bête du Gévaudan entre autres exemples) ont continué à entretenir ce mythe. 


 Mais doit-on réellement avoir peur du Grand Méchant Loup ?

Quelques repères

Le loup et l’Homme partage une longue histoire puisque des recherches ont montré qu’il fut le 1er animal domestiqué par l’Homme, il y a 33 000 ans. Cette domestication a eu lieu bien avant celle de la chèvre (12 000 ans) ou encore celle du mouton (9 000 ans).
Canis Lupus est le carnivore sauvage qui a la zone de répartition mondiale la plus vaste. Non présent dans l’hémisphère Sud, il a été présent dans tout l’hémisphère Nord (cf. carte). Sa population actuelle compte environ 350 000 individus.


Carte de répartition de Canis Lupus (Wikipédia) -
http://fr.wikipedia.org/wiki/Canis_lupus

 

En France, une estimation faite à la fin du 18ème siècle donnait une population de 3000 à 7000 loups. Peu à peu exterminé par l’Homme, il a disparu du territoire dans les années 30 avant de faire son retour en 1992.

Contrairement au lynx, ce retour n’est pas lié à une réintroduction par l’Homme mais bien à la dispersion naturelle d’individus provenant des populations présentes en Italie.

En Europe, le loup est protégé par la convention de Berne (1979) qui a été transcrite dans le droit français en 1989. Son statut d’espèce protégée (donné par arrêté ministériel en 1993) engage l’Etat à veiller à sa préservation et celle de son habitat.

Un rôle de régulateur

Le loup se trouve au sommet de la chaîne alimentaire. La diversité de son régime alimentaire lui permet de manger aussi bien des petits rongeurs que de très grands herbivores. Il lui est aussi possible de compléter son alimentation en consommant des fruits, des insectes ou des charognes en cas de pénurie.

Le loup a un rôle de régulateur et l’exemple du Parc National de Yellowstone (Etats-Unis) - cf vidéo ci-contre - est significatif. Il en fut exterminé au début du 20ème siècle. Par la suite, certaines populations de grands herbivores n’étant plus soumises au stress de la prédation commencèrent à augmenter et à se sédentariser de plus en plus. Il en résultait une menace pour l’équilibre de l’écosystème. En 1995 la décision de réimplanter le loup dans le parc va vite montrer des effets positifs. En effet, la pression de la prédation sur les grands herbivores leur fait perdre leur sédentarité et les oblige à se retrouver en plus petits groupes. Les plantes se développent à nouveau, certaines espèces se réimplantent, permettant ainsi à l’écosystème de retrouver sa résilience.

Loup et pastoralisme : incompatibilité ?

Bien que le régime alimentaire diversifié du loup lui permette de se nourrir dans la nature, la prédation sur certains troupeaux domestiques reste une réalité. Cependant, au regard des chiffres, l’attaque du loup sur les troupeaux n’est clairement pas la cause majeure de mortalité des ovins d’élevage. En effet, en France, les pertes attribuées au loup sont d’environ 2500 à 4500 animaux domestiques par an, soit seulement 0,09% du cheptel total. La mortalité hors loup (maladies, parasites, accidents…) est 10 fois supérieure ! (cf graphique)

Un Plan d’Action National Loup

Il n’en reste pas moins que l’impact du Loup peut s’avérer difficile à gérer sur certaines exploitations. C’est pourquoi l’Etat a mis en place un Plan d’Action National Loup dont l’objectif principal est de garantir la protection du loup sur le territoire français tout en limitant son impact sur l’élevage, dont le dynamisme et la diversité constituent une spécificité de notre pays. Parmi les grandes orientations de ce plan figurent l’accompagnement des éleveurs, particulièrement l’aide aux mesures de protection des troupeaux.

Les chiens de protection : méthode traditionnelle et efficace

Parmi elles, les chiens de Berger (parfois nommés Patous) sont une méthode traditionnelle et efficace de protection des troupeaux. L’interposition et le simple aboiement, sans chercher l’affrontement, suffisent en général à éloigner le prédateur en cas d’attaque. Cependant c’est une mesure contraignante à mettre en œuvre pour l’éleveur et il s’avère parfois que les chiens sont une source de tension pour les autres utilisateurs de l’espace.

L’âne pour protéger du Loup

Dans certains Parcs Naturels Régionaux, les ânes peuvent être utilisés comme aide au portage de matériel, ainsi que comme animaux de protection ( cf - lien ci-contre ) : ils s’interposent face aux intrus et avertissent le troupeau par leurs cris. Étant herbivores, ils ont l’avantage de demander moins d’entretien que les chiens. Ils vivent également plus longtemps. Toutefois, ils sont moins efficaces que le chien contre le loup.

Des mesures compensatoires

Autre mesure phare du plan : l’indemnisation des dommages. Ainsi, en cas de prédation, lorsqu’il n’est pas possible de certifier la responsabilité d’un prédateur autre que le loup (un chien par exemple), le doute est au bénéfice de l’éleveur. L’Etat parle de " loup non exclu " et indemnise l’éleveur pour chaque animal tué.

Pastoraloup, une action positive possible

L’action PastoraLoup a été mise en place en 1999 par l’association FERUS, dont l’objectif est de favoriser la présence et la cohabitation des grands prédateurs (ours, loup et lynx) en France.
Le but de cette action est de permettre à des bénévoles d’apporter une aide aux éleveurs et bergers dans la protection de leurs troupeaux.

Les bénévoles agissent ainsi sur :

  • la surveillance des troupeaux,
  • des interventions d’urgence lorsque des troupeaux sont fortement soumis à la prédation,
  • des chantiers d’aménagement pastoraux pour la création ou la réhabilitation d’équipements (parc, cabane, zone de regroupement,…).

En guise de conclusion 

Depuis le retour du loup en France, les pratiques pastorales ont dû évoluer et s’adapter à cette présence, engendrant de nouvelles contraintes d’exploitation. Le surcroît de travail et l’effort financier sont parfois difficiles à accepter et assumer pour les éleveurs et bergers. C’est pourquoi l’Etat a décidé de prendre en charge une partie de ces mesures à travers le Plan National Loup. De plus, certaines associations réunissent bergers et protecteurs de la Nature autour d’actions communes qui rencontrent un certain succès.

La cohabitation Loup/Pastoralisme fonctionne donc, dès lors que les mesures de protection des troupeaux sont mises en œuvre correctement, par des éleveurs motivés et capables d’adapter leurs pratiques pastorales à la présence du loup. Le Grand Méchant Loup redevient alors un simple personnage de contes pour enfants…

 

Bertrand COQUILLAUD & Laurent PEPIN 

 

 

 

*** En savoir plus ***

 

 


 

 Le loup en France

Le site de l'État consacré au loup 

 Site "La buvette des alpages"

L'âne comme animal de
protection du troupeau

Site internet de FERUS

Association nationale de protection
de l'ours, du loup et du linx en Franc
e

 Pastoraloup

Présentation du projet

 Pastoraloup

Vidéo de présentation

 "Comment les loups changent
les rivières"

Vidéo sur la réintroduction du loup 
dans le Parc National de Yellowstone
(Etats-Unis)


 

 

Parole de la promo 24

Les grands prédateurs
à la reconquête de leurs territoires !

 




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