Parole P25 - Les semenciers, seuls garants de notre sécurité alimentaire ?

05/12/2012

Édition 2012 du Salon Bio du Wacken : l’association Kokopelli diffuse une courte vidéo, « La semence dans tous ses états ». Retour sur un sujet qui dérange : la privatisation des semences.


Quel impact sur les agriculteurs ?

En France, le Catalogue officiel autorise uniquement la commercialisation des graines répondant à des critères stricts d’homogénéité, de stabilité, et d’amélioration de la variété. Or, seuls les hybrides F1 et les OGM1 peuvent les respecter. Cependant, pour les premiers, la « dégénérescence consanguine »2 donne une 2nde génération très peu productive tandis que pour les seconds, soumis au droit de propriété intellectuelle, les graines ne peuvent être ressemées sous peine de poursuites pour violation de brevet. La « stérilité biologique » des hybrides et la « stérilité juridique » des OGM obligent donc les agriculteurs à racheter des graines chaque année.

Ainsi, cette sélection productiviste n’est-elle pas un frein
à l’indépendance des agriculteurs ?

Un danger pour la biodiversité alimentaire ?

Au contraire, les variétés paysannes sont le résultat d'une longue sélection, appelée "coévolution". Au fil des ans, l’agriculteur ressème ses propres graines, créant une variété spécifique de son terroir3. Chaque graine n'en reste pas moins unique. La préservation de la biodiversité génétique de ces variétés permet une grande résilience et serait une solution pour s’adapter aux changements climatiques et contrer l’insécurité alimentaire.

N’existe-il donc pas un réel paradoxe entre la volonté de l’Europe
de défendre la biodiversité et la promotion de ce catalogue officiel ?

Kokopelli : la « Résistance fertile »

Pour préserver cette biodiversité, lutter contre la privatisation des semences et rendre leur autonomie aux agriculteurs, des associations comme Kokopelli ou le réseau des Semences Paysannes, sont entrées en «Résistance fertile »4. Elles s’opposent aux 9 multinationales qui contrôlent 90% du marché mondial des semences en conservant, échangeant et distribuant des variétés anciennes et rares. Kokopelli maintient actuellement une collection unique de 2200 variétés.

« Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes,
ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.
»
disait Charles Darwin. Qu’avons-donc nous fait de ce précepte ?

 

 
Clémence Pouclet et Claire Mafayon

 

 

 

1  :  OGM : Organisme Génétiquement Modifié
2  :  Christian Vélot, Dr en biologie, Professeur de génétique moléculaire Université Paris-sud 11
3  :  terroir: espace qui se détermine par le climat, l'exposition, le type de sol et toute une série de facteurs spécifiques
4  :  Jocelyn Moulin, trésorier de l’association Kokopelli

 


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